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Feux de brousse

Des filtres bouchent la route. Ils pèsent lourd sur la plume. Une terrible autocensure. Ici, point de chemins pour les contourner. Pour passer outre, « il n’y a pas mieux que le voyage », me dis-je.

Joignant l’acte à la parole, il y a quelques petites semaines, mon esprit arrivait à s’en détacher, à s’évader en se faufilant à travers les arbres et la verdure, empruntant l’axe Tiguind-Mederdra, ou suivant un autre chemin imaginaire.

J’accompagnais par moments de mon regard, sans y faire vraiment attention, quelques troupeaux de vaches, de moutons, de chameaux, éparpillés le long du goudron, surveillés parfois par des bergers simplement habillés. Mais je sais que ces hommes sahariens sont beaucoup plus profonds qu’il n’y parait, en dépit de la précarité manifeste de leur condition.

Les animaux broutaient paisiblement pendant cette après-midi légèrement ensoleillée, avec de beaux nuages et quelques sourds grondements de tonnerre. “Une météo annonciatrice de bonne pluie”, présageai-je.

Quelques chants d’oiseaux adoucissaient davantage l’atmosphère rurale. J’arrivais à repérer quelques-uns, sur les cimes des arbres ou en vol. Deux mignonnes créatures me donnaient l’air de s’amuser ou communiquer entre elles, en effectuant, avec beaucoup d’agilité, des voltiges d’une précision impressionnante. Je suis cependant incapable de dire à quelles espèces d’oiseaux appartiennent les deux acrobates aériens, comme je suis nul en ornithologie.

J’admirais la magnifique symbiose entre les trois composantes de ce splendide paysage vivant, malgré leurs liens de plus en plus antagonistes : homme, flore, faune.

Seuls quelques ânes défiaient calmement les conducteurs : ils restaient débout, figés, en plein milieu de la route, ignorant royalement les bruits de klaxon.

Pour mon ami Al Alem, ils ne nous défient pas. Ils font au contraire montre de tolérance et de gentillesse. Restant immobiles, ils vous laissent le choix, selon lui, de passer comme vous voulez : en les contournant par la gauche ou par la droite.

« Si tous les Mauritaniens étaient si disciplinés, si calmes et coopératifs que les ânes ! », ironisait-il.

Que c’était beau de vivre ces scènes de rêves, de voyage, de sensations idylliques !

Hélas ! Je viens d’apprendre aujourd’hui que mon chemin verdoyant a pris feu, ravagé partiellement par des incendies depuis deux ou trois jours. Peu importe l’ampleur du sinistre ! Je le porte désormais. Ignorant les distances qui me séparent de la zone touchée, les brûlures et les odeurs suffocantes, de flammes et de fumée, commencent à envahir tout mon être.

Pauvre est ma plume ! Après mes “souvenirs kaki” enterrés, ou renvoyés aux calendes crèques, mon âme est de nouveau frappée de chagrin.

Si inspiration il y a, c’est quand même très attristant. Si j’étais poète, et si j’avais le choix, j’aurais entièrement préféré meilleure muse que des feux de brousse.

C’est toutefois trop insuffisant comme pare-feu. “Et heureusement !”, se féliciteront, par ailleurs, créateurs et passionnés qui brûlent d’imagination débordante.

El Boukhary Mohamed Mouemel

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