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رقصة السراب/ البخاري محمد مؤمل اليعقوبي

Regarde papa. Ils s’éloignent, nous fuient. Mais ils ont toujours là. Fais vite. Je veux m’y baigner. »

Contrairement à son habitude, la petite Jara est plutôt peu bavarde durant le voyage. Mais cette fois, elle vint de rompre le silence. Et c’était salvateur !

En effet, en cet instant, Hama somnolait au volant, comme les autres passagers.

Un léger vent soufflait à travers les vitres de la voiture entrouvertes, le soleil brillait, le calme régnait. Une monotonie sur la route d’Akjoujt que rien ne perturbe sauf les mirages qui défilent, devant les yeux de Jara, se mouvant sur des platitudes infinies. Elle les prend pour des marigots en fuite. La scène l’amuse autant qu’elle l’intrigue. La poursuite engagée par leur véhicule derrière ces “mares” insaisissables ne mène nulle part et n’en finit pas.

Hama chercha d’abord à expliquer le phénomène optique à sa fille. Puis, il se laissa envahir à son tour par le spectacle. Les mirages dansent dans son esprit, éveillant en lui plein de réminiscences.

Ses souvenirs kaki sont toujours présents, bien qu’ensevelis. Il a certes renoncé à les publier. Pour autant, ils n’ont pas disparu. Bien au contraire, vouloir les refouler ne fait que les maintenir en vie, dynamiques et indomptables comme des mirages. Quoi de plus désagréable qu’une autobiographie muette, que des mots du cœur réduits au silence ! C’est souvent le prix à payer lorsque l’auteur évite “d’enfoncer le clou”, quand il s’agit de sujets sensibles, personnels ou professionnels ; surtout lorsque les problèmes à éviter débordent sur des questions de mémoire collective clivantes.

A ce propos, l’actualité internationale oblige, les mésententes mémorielles qui surgissent fréquemment entre Algériens et Français s’invitèrent rapidement dans la réflexion de Hama. En outre, la mascarade du « Sommet France / Afrique », qui vient se tenir à Montpellier en l’absence de tout chef d’état africain, apporte une couche supplémentaire de confusion à ce débat mémoriel qu’Emmanuel Macron cherche à dépeindre et instrumentaliser à sa guise.

Alors qu’il était totalement plongé dans cette dynamique de pensées disparates sur la mémoire coloniale et la mémoire individuelle et collective, Hama fut interpellé par son épouse, soutenue par Jara et son frère Sidi. Ils lui rappelèrent sa promesse. Sa réponse fut rapide et favorable, joignant l’acte à la parole.

” Ok, (dit-il), pour une halte, le temps de prendre un bon verre de thé à l’ombre d’un arbre dans ce magnifique désert de l’Inchiri.”

Garant la voiture à quelques dizaines de mètres de la route, à côté de l’arbre le plus grand du coin et au feuillage le plus dense, il s’adressa à ses trois compagnons de voyage, annonçant le début de la pause :

“Nous allons nous reposer. Ici, seule la danse des mirages rivalise avec celles des souvenirs persistants ou volatiles, et avec des espoirs de pluies qui tardent trop à venir. Prions pour la pluie.”

El Boukhary Mohamed Mouemel

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