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Vaincre le terrorisme, quelle belle chimère ! 2ème partie

Comme le montre très bien ce reportage du magazine Télé-loisirs[i], la situation sécuritaire de notre pays est de loin la meilleure, comparativement aux autres membres du G5 Sahel. La démonstration est bien argumentée et réconfortante. Sauf que l’enquête conclut par une question et une phrase qui sonnent comme un avertissement que l’on ne doit pas du tout négliger:

« La Mauritanie réussira-t-elle à maintenir son pays éloigné des terroristes ? Le défi est considérable pour ce pays peu peuplé et immense à protéger».

La guerre contre le terrorisme est-t-elle gagnable ?

En matière de politique de défense et de sécurité, la Mauritanie a en effet réalisé beaucoup de progrès, mais n’a pas gagné la guerre contre le terrorisme. D’ailleurs est-elle vraiment gagnable, cette guerre ?

La question est bien légitime, à plus d’un titre. D’abord, la menace est transfrontalière. Elle se développe et s’intensifie dangereusement dans notre région et plus particulièrement au Mali, avec lequel nous partageons 2237 km. Ensuite, notre « grand partenaire » militaire français et ses alliés occidentaux doutent de plus en plus quant à l’intérêt de la présence de leurs forces au Sahel. Leur tâtonnement commence à créer des sentiments de vides géopolitiques susceptibles d’être exploités par leurs concurrents, parmi les grandes puissances et les pays émergents : Russie[ii], Chine, Turquie[iii], Inde…

En face, on entend de plus en plus d’interrogations dans les pays sahéliens « bénéficiaires » mettant en doute le sérieux de l’engagement militaire occidental et étranger. Un climat de méfiance qui se répercute de façon préoccupante sur les rapports entre les uns et les autres. Sa manifestation la plus nette se révèle sans nul doute à travers la crise diplomatique qui envenime les liens entre le gouvernement français et le régime malien. Certes, l’instabilité politique au Mali, et le manque de « lisibilité » de la vision stratégique de l’équipe aux commandes du pays ne sont pas de nature à arranger les choses. Cela est d’autant plus vrai, par ailleurs, que le Président français et son gouvernement, tirent trop sur la ficelle en faisant des défauts et faiblesses de la junte militaire malienne un cheval de batail. Or, il y a certainement, pour Macron, mieux à faire afin de détourner les regards des revers et difficultés de la stratégie française au Sahel et sa politique africaine qui “peinent à trouver une trajectoire autre que celle du déclin et l’arrogance des dirigeants français vis-à-vis de leurs anciennes colonies”, attaquent bon nombre des détracteurs de sa politique étrangère. Dans le même esprit critique, il est également plus bénéfique pour la sécurité de la région, que les occupants de l’Elysée et du Quai d’Orsay soient plus humbles et plus consensuels avec leurs collègues et interlocuteurs sahéliens et africains, au lieu de semer la zizanie et la division parmi eux. Adopter le principe cynique de “diviser pour régner” comme fond de toile de sa stratégie ou politique africaine, c’est avoir la vue bien courte et contreproductive. Telle devait être la première leçon à tirer de la “françafrique” héritée du Général De Gaulle et de Jacques Foccart.

Des nouveaux visages de torrorisme: Instabilités politiques, complexification et interconnexion des menaces

La situation sécuritaire dans la région et le contexte géostratégique, tant régional qu’international, n’ont jamais été aussi incertains et dangereux. L’instabilité politique, multiforme selon les pays ou les régions, et les changements d’alliances inattendus en sont des marqueurs. Et aucune zone n’y échappe. On les observe évidement en Afrique et au Sahel, mais aussi un peu partout dans le monde : en Europe, en Asie, en Amérique, en Australie…

En Afrique et en Asie, il est bien établi que les coups d’états militaires, les crises pré et postélectorales sont fréquents. Ailleurs, dans le monde « civilisé », l’instabilité politique prend d’autres formes, légitimes et démocratiques, sécrétées par des systèmes électoraux prouvés et bien rodés. Des alliances contre nature se font et se défont de plus en plus fréquemment, avec l’accession des mouvements populistes, néonazis et extrémismes de droites au pouvoir. Leur discours racistes, xénophobes et réactionnaires, fournit un terrain favorable à l’extrémisme violent, et, au-delà, au terrorisme, le cas échéant. L’attaque du Capitole le 06 janvier 2021 et son occupation par les partisans de Donald Trump montrent bien que la démocratie pourrait bien secréter son antithèse, et de façon violente et brusque. Trois caractéristiques au minumum du terrorisme sont décelables dans ce mouvement de rébellion : l’effet de surprise, l’usage de la violence et le déchainement incontrôlable des acteurs.

Il à craindre que les succès des mouvements extrémistes occidentaux aux élections impactent négativement la lutte contre le terrorisme au Sahel. Ils prônent une réduction drastiques des investissements dans des domaines vitaux pour l’humanité, comme : l’aide au développement, le maintien de la paix, la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique… Des climato sceptique, et va-t’en guerre, dont la vision raciste et xénophobe suscite des réactions et des discours adverses tout aussi dangereux.

Dans ce contexte géopolitique mouvant, la menace terrorisme au Sahel, comme ailleurs, a de beaux jours devant elle. Pire : d’autres dimensions ou formes de menaces risquent de s’y greffer. La cybercriminalité, les prises d’otages et enlèvements de masses contre rançons, de probables crimes écologiques terrifiants … toutes ces typologies de crime font que le combat contre le terrorisme ne s’arrêtera jamais. Mais il s’adaptera en fonction de l’évolution de la menace, sa nature, ses formes, ses modes opératoires…

Donc, ne crions pas victoire en Mauritanie, et ne baissons pas la garde. Soyons au contraire toujours plus vigilants, et redoublons sans cesse d’efforts en matière de politique de défense et de sécurité. Notre approche doit reposer sur deux piliers : la force militaire et sécuritaire classique et la « puissance douce » (soft power), cette dernière devant prendre une place centrale dans le dispositif stratégique national.

El Boukhary Mohamed Mouemel

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